Interviews

Dossier (3): Entretien avec Pierre Langeron sur le Multiculturalisme au Canada

Multi 2WRW : Pouvez-vous nous situer le multiculturalisme dans le contexte historique canadien,à travers notamment les différences linguistiques et confessionnelles entre l'État du Québec et les autres États fédéraux ?

Pierre Langeron: le Canada était historiquement peuplé d'autochtones ; mais on oublie souvent qu'il n'existait pas une culture autochtone, mais des dizaines de cultures autochtones distinctes. Quand le Canada « moderne » est né, quel que soit son nom d'origine, Nouvelle France ou autre, c’est principalement avec deux nations, deux nations immigrées sur cette terre : la nation anglaise et la nation française, l'une anglophone et l'autre francophone, l'une protestante et l'autre catholique. Il y avait donc deux nations avec leurs éléments d’identification, et que l’on a appelées, au moment de la constitution canadienne de 1867, les « deux nations fondatrices ». Il s'agit là d'un biculturalisme fondateur. Le mot n'existait sans doute pas à l'époque ; mais c'est vraiment de cette manière que le Canada a été perçu à l'origine même si l’équilibre a été bousculé dès après la conquête anglaise. Aux débuts du Canada moderne donc, deux nations fondatrices : d'un côté le Québec francophone de tradition latine, de confession catholique et de droit latin ; et de l'autre l'Ontario actuel - un peu agrandi -, de tradition anglaise, de common law et de confession protestante.

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Entretien avec Philippe Deterre, prêtre et chercheur en biologie

 

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Prêtre de la Mission de France (1) et directeur de recherches au CNRS dans un laboratoire d’immunologie, Philippe Deterre a publié en 2009 Chercheurs en science, chercheurs de sens aux éditions de l’Atelier, un livre de dialogue avec Pierre Valiron, un ami astrophysicien et agnostique. Dans cet ouvrage, les deux hommes se questionnent sur les rapports parfois complexes entre la science et la foi et sur le sens à donner à la recherche scientifique. Suite à l’interview du professeur Etienne Vernaz, directeur de recherches au CEA et chrétien évangélique, l’échange que nous avons pu avoir par téléphone avec Philippe Deterre apporte un éclairage différent sur le lien entre recherche scientifique et vie de croyant. Ici, il s’agissait avant tout de comprendre comment un sacerdoce de prêtre pouvait se conjuguer avec une activité professionnelle scientifique.

 

A priest at the Mission de France and a research director at the CNRS (French National Center for Scientific Research) in a laboratory of immunology, Philippe Deterre contributed to the book Chercheurs en science, chercheurs de sens published in 2009 by the Editions de l’Atelier, a dialogue with Pierre Valiron, an astrophysicist and agnostic friends of his. In this book the two scientists debate on the sometimes complex connections between science and faith, and on the sense to give to scientific research. In the wake of the interview given by professor Etienne Vernaz, a researcher at the French agency in charge of nuclear research, the conversation we had on the phone with Philippe Deterre shed a new light on the link between scientific research and a believer’s life. The main objective was to understand how a priesthood could be in tune with a scientific position.

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Interview du professeur Etienne Vernaz

 

etienne_vernazC’est dans un temple protestant, le Centre Martin Luther King, que nous avons rencontré le professeur Étienne Vernaz, en cette soirée du 18 novembre 2011, avant la conférence qu’il s’apprêtait à donner sur le thème « Science et foi ».

Étienne Vernaz est directeur de recherches au Commissariat à l’énergie atomique (CEA), assistant scientifique du chef du département d’étude du traitement et du conditionnement des déchets (CEA-DEN-Marcoule), et professeur à l’Institut national des sciences et techniques nucléaires (INSTN). Entré au CEA en 1978, il est ingénieur de l’INSA (Génie Physique, Toulouse), titulaire d’un DEA de physique solide, d’un doctorat en physico-chimie et d’une HDR. Il est lauréat du Prix CEA de la recherche appliquée nucléaire (1997), titulaire du prix Société française d’énergie nucléaire 2006 (pour la réalisation du Visiatome), et officier dans l’Ordre des Palmes académiques.

Habitué à donner toutes sortes de conférences, c’est en exclusivité qu’il répond aux questions du site World Religion Watch.

Cet entretien est accordé à titre strictement privé et Étienne Vernaz ne s’y fait en aucun cas le porte-parole des organismes de recherche et de formation pour lesquels il travaille par ailleurs.


We met professor Étienne Vernaz in a protestant church, the Martin Luther King Center, on November 18, 2011, before the lecture he was about to deliver on the topic “Science and Faith.”

Étienne Vernaz is Director of Research at the Commissariat à l’énergie atomique (CEA: French agency in charge of nuclear research), scientific assistant to the head of the department of waste-processing studies (CEA-DEN-Marcoule), and professor at the Institut national des sciences et techniques nucléaires (National Institute of Nuclear Sciences and Technologies). A member of the CEA since 1978, he was trained as an engineer at the INSA (National Institute of Applied Sciences), department of Engineering Physics, in Toulouse. He holds a DEA (a degree equivalent to a Master of Advanced Studies) in Solid-State Physics, a PhD in Chemical Physics and an HDR (habilitation). He was awarded the 1997 CEA Prize for Applied Nuclear Research and the 2006 prize of the Société française d’énergie nucléaire (French Scientific Society for Nuclear Technologies) for his contribution to the Visiatome. He is an Officer in the Ordre des Palmes académiques.

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Accustomed to delivering all sorts of lectures, he answers our questions for the website World Religion Watch.

This interview was given in private capacity and should in no circumstance be regarded as reflecting the scientific stand of the CEAEA nor any other public research agency Dr. Vernaz works with.

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Jean-Paul Dollé - the city: a cross-cultural sphere - Interview and comments

One of the leading participants in the public debate on cities, urbanity and citizenship, Jean-Paul Dollé is the cofounder of Banlieue 1989, campaigning for the concept of "citadinité" or the notion of city citizenship becoming a key stake in philosophical research and political democracy. Some of his more notable publications include "Désir de révolution" (1972), "Haine de la pensée" (1976), "Fureur de Ville" (1990), and "L'ordinaire n'existe plus" (2001). His most recent work, "L'inhabitable capital", showcases an original approach as regards the global economic crisis and also links in to his theories about cities and the corporal form, all of which he graciously accepted to explore with us during the interview.


"When we no longer feel at home, in the most elementary sense of the term: we are not free".

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Jean-Paul Dollé - la ville est le lieu de l'interculturel (2/2)

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Il a été l'un des animateurs du débat public sur la ville, sur la question de l'urbanité et de la citoyenneté. Cofondateur de Banlieue 1989, il a milité pour que la citadinité devienne un enjeu fondamental de la recherche philosophique et de la scène politique démocratique. Il a notamment publié Désir de révolution (1972), Haine de la pensée (1976), Fureur de Ville (1990), L'ordinaire n'existe plus (2001). Son dernier ouvrage,  L'inhabitable capital, propose une approche originale de la crise économique mondiale survenue en 2009 et s'appuie sur des théories de la ville et du corps qu'il a accepté de développer avec nous pendant son interview.

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